Dala dala zanzibar : comment se déplacer comme les locaux et voyager à petit budget
À Zanzibar, il y a deux façons de découvrir l’île : derrière la vitre teintée d’un taxi climatisé… ou serré entre un sac de riz, une poule et un grand-mère hilare dans un dala dala. Devine laquelle est la plus authentique, la plus économique… et la plus mémorable ?
Si tu as envie de voyager comme les locaux et de respecter ton budget, les dala dala vont rapidement devenir tes meilleurs alliés. C’est parfois chaotique, souvent drôle, toujours vivant. Dans cet article, je t’emmène à bord de ces minibus colorés pour t’expliquer comment les utiliser sans stress, et surtout comment en profiter pour vivre le Zanzibar des Zanzibari, pas celui des cartes postales aseptisées.
Un dala dala, c’est quoi exactement ?
Les dala dala, ce sont les bus locaux de Zanzibar. Concrètement, ce sont :
- des minibus souvent ouverts à l’arrière, parfois aménagés avec des bancs en bois ;
- des camions légers transformés en transport collectif ;
- des véhicules colorés, souvent décorés avec des slogans, des images religieuses ou des portraits de stars.
Ils relient les grandes villes et villages de l’île : Stone Town, Nungwi, Paje, Jambiani, Kendwa, etc. C’est le moyen de transport quotidien des habitants. Pas d’horaires fixes, pas de réservation en ligne, pas d’application mobile. On est sur du transport à l’ancienne, à l’instinct, au feeling… et c’est précisément ce qui fait son charme.
Si tu aimes les voyages un peu bruts, les ambiances survoltées, les rencontres imprévues, tu vas être servi.
Pourquoi prendre un dala dala à Zanzibar ?
On pourrait croire que c’est juste une solution “pas chère”. En réalité, c’est bien plus que ça.
1. C’est ultra économique
Un trajet en dala dala coûte une fraction du prix d’un taxi. À titre indicatif (les prix peuvent légèrement varier) :
- Stone Town → Paje : environ 2 000 à 3 000 TZS (moins de 2 €) ;
- Stone Town → Nungwi : environ 2 500 à 3 500 TZS ;
- Petits trajets locaux : quelques centaines de shillings.
Pour un voyageur à petit budget, ça change tout. Là où un aller-retour en taxi peut engloutir une bonne partie de la cagnotte, le même trajet en dala dala te permet de conserver ton argent pour les activités, la nourriture ou quelques nuits supplémentaires au bord de la mer.
2. C’est un bain de culture locale
Dans un dala dala, tu partages ton espace avec des écoliers, des mamans avec leurs enfants, des travailleurs, des vendeurs de fruits… Tu entends le swahili, tu observes les codes sociaux, tu vois comment les gens interagissent. Tu ne traverses pas Zanzibar, tu le vis.
Et souvent, les autres passagers sont ravis de voir un étranger oser voyager comme eux. Un sourire, un “Jambo” ou “Mambo” suffisent pour briser la glace. Tu repars parfois avec une nouvelle expression en swahili, une recommandation de petit resto local ou même une invitation à venir boire un thé.
3. C’est une aventure à part entière
Oui, ce sera peut-être un peu inconfortable. Oui, tu seras parfois serré. Oui, tu ne comprendras pas tout ce qui se passe. Mais c’est précisément ce qui en fait une histoire à raconter.
On n’a jamais de grandes anecdotes de taxi climatisé. En dala dala, par contre, tu peux te retrouver à chanter avec les passagers, à tenir un panier de poissons pendant que son propriétaire descend, ou à rire avec une dame qui te réarrange ton sac à dos pour que tout le monde puisse s’asseoir.
Comment trouver les dala dala à Zanzibar ?
La plupart des trajets partent de Stone Town, le cœur névralgique des transports sur l’île. Le principal “terminal” est situé près du Darajani Market et du marché de bus. Pas de grande gare avec guichets, plutôt un grand parking bordé de véhicules, des cris, des odeurs d’épices et un joyeux brouhaha.
Pour trouver ton dala dala :
- renseigne-toi à ton hébergement : ils connaissent généralement les numéros et les points de départ ;
- demande “Dala dala to [nom de ta destination] ?” ou en swahili “Dala dala kwenda [destination] ?” ;
- repère les pancartes sur le pare-brise : souvent, le nom de la destination principale est indiqué (Nungwi, Paje, Jambiani, etc.).
En dehors de Stone Town, tu trouveras les dala dala :
- sur les routes principales, où ils s’arrêtent pour prendre ou déposer des passagers ;
- près des petits “terminus” locaux, souvent au centre des villages.
Tu peux aussi simplement te placer au bord de la route et lever la main quand tu vois un dala dala arriver. Si le véhicule va dans la bonne direction et n’est pas complètement plein, il s’arrêtera pour toi.
Comprendre les trajets et les destinations
Les dala dala fonctionnent principalement par grands axes reliant Stone Town aux régions principales de l’île. Par exemple :
- Stone Town → Nungwi / Kendwa : pour le nord de l’île, plages de carte postale et ambiance festive ;
- Stone Town → Paje / Jambiani : pour la côte est, paradis des kitesurfeurs et ambiance chill ;
- Stone Town → Kiwengwa : pour la côte nord-est ;
- Stone Town → Matemwe : côté nord-est également, proche des spots de plongée.
Certains villages se trouvent sur la route d’autres destinations : tu peux donc descendre en cours de route. Par exemple, pour aller à Jambiani, tu prends souvent le même dala dala que pour Paje, puis tu continues un peu plus loin.
Si tu as un doute, n’hésite pas à demander au “conducteur-assistant” (celui qui encaisse l’argent et gère les passagers) en lui montrant le nom de ton village écrit sur ton téléphone. Ils te diront si tu es dans le bon véhicule… et parfois même t’indiqueront quand descendre.
Combien ça coûte et comment payer ?
Les dala dala sont payés en shillings tanzaniens (TZS). Il est donc essentiel d’avoir de la petite monnaie sur toi. Les chauffeurs ne rendent pas toujours les grosses coupures facilement.
Le prix dépend de la distance, mais reste toujours très abordable. Quelques repères (sachant que les montants peuvent évoluer avec le temps) :
- Trajets longs (Stone Town → Nungwi, Paje, Jambiani) : autour de 2 000 à 4 000 TZS ;
- Trajets moyens : 1 000 à 2 000 TZS ;
- Petits trajets locaux : souvent moins de 1 000 TZS.
À savoir : les prix pour les locaux et les voyageurs peuvent théoriquement être légèrement différents, mais à Zanzibar, on t’annonce généralement un tarif très raisonnable. Si tu veux éviter toute mauvaise surprise :
- demande le prix à ton hébergement avant de partir ;
- vérifie avec un local dans la file d’attente ;
- prépare la somme avant de monter ou juste après t’être assis.
Tu paies généralement pendant le trajet, quand l’assistant passe entre les bancs. Garde ton calme si tu ne comprends pas tout de suite : un sourire, un billet tendu et quelques gestes suffisent souvent à régler la situation.
Comment se passe un trajet en pratique ?
Monter dans un dala dala, c’est accepter de lâcher un peu de contrôle. Mais en gardant quelques repères, tout devient plus simple.
1. L’attente
Les dala dala ne partent pas à heure fixe : ils partent généralement quand ils sont suffisamment pleins. Tu peux donc :
- patienter un peu à Stone Town, le temps que le véhicule se remplisse ;
- monter et attendre assis à l’intérieur ;
- sans être pressé si possible : la flexibilité est ton amie ici.
2. L’embarquement
On te fera signe de monter, souvent par l’arrière ou la porte latérale. À l’intérieur :
- les places ne sont pas numérotées : tu t’assois là où il reste de la place ;
- ton sac à dos peut finir sous le banc, sur tes genoux ou au-dessus de ta tête ;
- si tu as un gros sac, on pourra le mettre à l’arrière ou sur le toit (pense à garder tes objets de valeur avec toi).
3. Le trajet
Attends-toi à :
- des arrêts fréquents pour faire monter et descendre des passagers ;
- parfois de la musique à fond, entre chants religieux et tubes locaux ;
- une conduite un peu sportive, mais habituelle pour les routes africaines.
Si tu veux descendre, il te suffit de le signaler à l’assistant ou de dire “Shusha hapa” (descendre ici) ou “Stop”. Ils connaissent bien les villages touristiques et te déposeront souvent au bon endroit sans même que tu aies à trop t’inquiéter.
Mes conseils pour voyager en dala dala sans stress
Voyager en dala dala demande un peu d’adaptation, mais quelques astuces peuvent vraiment t’aider à vivre ça sereinement.
1. Voyage léger
Si tu peux, évite les énormes valises rigides. Un sac à dos est beaucoup plus adapté. Tu pourras le caler plus facilement, et tu ne bloqueras pas le passage. Zanzibar se vit en mode minimaliste : quelques vêtements légers, un maillot de bain, un paréo, et tu es prêt.
2. Habille-toi de manière respectueuse
Zanzibar est majoritairement musulmane. Dans les transports locaux, il est apprécié de :
- couvrir épaules et genoux (surtout pour les femmes) ;
- éviter les tenues trop moulantes ou trop dénudées.
Tu peux toujours te mettre en maillot sur la plage plus tard. Dans le dala dala, on est chez les locaux : c’est une question de respect… et ça facilitera grandement les sourires et la bienveillance à ton égard.
3. Garde tes objets de valeur sur toi
Comme dans tout transport public :
- garde ton passeport, ton téléphone et ton argent dans un petit sac que tu peux garder devant toi ;
- évite de laisser ton sac ouvert ou posé loin de toi.
Zanzibar est globalement sûr, mais il vaut mieux rester prudent, surtout si le dala dala est très rempli.
4. Accepte l’inconfort… avec humour
Oui, il fera peut-être chaud. Oui, tu seras peut-être un peu serré. Oui, les routes ne seront pas toujours parfaitement lisses. Mais considère ça comme une partie intégrante de l’expérience. Respire, sourit, observe.
Un conseil : assieds-toi si possible près d’une ouverture (fenêtre ou arrière ouvert) pour avoir un peu d’air et profiter du paysage.
5. Fais confiance… tout en restant vigilant
Les assistants et chauffeurs ont l’habitude des voyageurs. Si tu leur dis ta destination, ils penseront souvent à t’appeler au moment de descendre. Mais garde quand même un œil sur ta localisation (par exemple via une carte hors ligne) pour te repérer et te rassurer.
Les erreurs à éviter en dala dala
Pour que l’expérience soit agréable autant pour toi que pour les locaux, voici quelques pièges classiques à éviter.
- Monter sans monnaie : pense à retirer de l’argent et à faire de la petite monnaie avant. Les gros billets peuvent poser problème.
- Poser ton sac sur un siège dans un véhicule déjà bien rempli : chaque place compte. Garde ton sac sur les genoux ou sous le banc.
- Te mettre en mode “client-roi” : ce n’est pas un taxi privé. Tu partages un service collectif. Patience et respect sont la clé.
- Te vexer si on te regarde : dans certains trajets moins touristiques, tu seras peut-être la seule personne étrangère. La curiosité est naturelle. Un sourire suffit souvent à détendre l’atmosphère.
- Vouloir absolument tout contrôler : c’est un système vivant, un peu chaotique, mais qui fonctionne. Laisse-toi porter.
Dala dala ou taxi ? Que choisir selon ton voyage
Tu n’es pas obligé de choisir un camp pour tout ton séjour. Au contraire, alterner peut être une excellente idée.
Le dala dala est parfait si :
- tu as un budget serré ;
- tu restes plusieurs jours et n’es pas pressé par le temps ;
- tu voyages léger ;
- tu as envie d’un peu d’aventure et de contact avec les habitants.
Le taxi est plus adapté si :
- tu arrives ou repars avec des horaires compliqués (tôt le matin, tard le soir) ;
- tu as beaucoup de bagages ;
- tu voyages avec de jeunes enfants ou des personnes à mobilité réduite ;
- tu préfères le confort pour certains trajets (par exemple après un long vol).
Beaucoup de voyageurs choisissent par exemple le taxi pour l’arrivée depuis l’aéroport jusqu’au premier hébergement, puis les dala dala pour se déplacer entre les plages et les villages. C’est un bon compromis entre confort et immersion locale.
Pourquoi cette expérience marque autant les voyageurs
Au fond, ce qui rend le dala dala inoubliable, ce n’est pas seulement son prix imbattable. C’est cette impression d’être, l’espace d’un trajet, intégré au quotidien de l’île.
Tu verras les uniformes des écoliers, les femmes en kanga colorés, les paniers de fruits, les sacs de farine, les rires qui fusent à l’arrière, les disputes gentilles entre passagers sur la meilleure route à prendre, les arrêts improvisés pour déposer quelqu’un devant sa maison.
Dans un monde où tout devient de plus en plus formaté, planifié, climatisé, le dala dala offre une parenthèse brute, humaine, pleine d’imprévus et de chaleur. C’est un rappel que le voyage, ce n’est pas seulement cocher des spots sur une liste, mais aussi s’asseoir sur un banc en bois, se laisser bercer par la route et partager, pendant quelques kilomètres, un petit morceau de vie avec ceux qui habitent là toute l’année.
Alors si un jour tu te retrouves à Zanzibar, que tu hésites devant un minibus bondé, musique à fond, avec un jeune qui te fait signe de monter à l’arrière… respire, souris, grimpe. Tu ne feras peut-être pas le trajet le plus confortable de ta vie, mais très probablement l’un des plus marquants.
