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Voyage au sud maroc en van : mon aventure entre désert, oasis et routes côtières atlantiques

Voyage au sud maroc en van : mon aventure entre désert, oasis et routes côtières atlantiques

Voyage au sud maroc en van : mon aventure entre désert, oasis et routes côtières atlantiques

Pourquoi le sud du Maroc en van a changé ma façon de voyager

Je pensais connaître le Maroc après quelques city-trips à Marrakech et Fès. C’était avant de descendre en van vers le sud, là où l’asphalte se perd dans le sable, où les oasis surgissent comme des mirages, et où l’océan Atlantique vient frapper des falaises ocre au bout d’une route poussiéreuse.

Voyager en van dans le sud marocain, c’est accepter de rouler lentement, de se perdre un peu, de suivre les conseils d’un marchand de thé pour trouver un spot pour la nuit. C’est aussi un voyage très accessible côté budget, à condition de bien s’organiser.

Dans cet article, je t’emmène dans mon aventure entre désert, oasis et routes côtières atlantiques, avec un maximum de concret : itinéraire, spots, budget, et surtout ce qu’on ne te dit pas toujours sur le voyage en van au Maroc.

Préparer son road trip en van dans le sud marocain

On commence par le nerf de la guerre : comment préparer ce genre de road trip sans se arracher les cheveux ?

Van : le tien ou une location sur place ?

J’ai fait ce voyage avec mon propre van, descendu depuis l’Europe par l’Espagne jusqu’à Tanger, puis direction le sud. Mais tu peux tout à fait :

  • Louer un van ou 4×4 aménagé directement au Maroc (Agadir ou Marrakech sont de bons points de départ).
  • Venir avec ton véhicule via le ferry Algésiras – Tanger Med (la solution la plus courante depuis l’Europe).
  • Période idéale

    Le sud marocain peut être brûlant l’été, surtout côté désert. Pour un voyage en van, je te conseille :

  • De novembre à mars : parfait pour le désert et la côte, températures douces.
  • Avril et octobre : encore très bien, mais plus chaud dans l’intérieur.
  • Éviter juillet-août pour le désert : chaleur parfois difficilement supportable dans un van.
  • Sécurité & ressenti

    C’est souvent la première question qu’on me pose. Mon ressenti sur place :

  • Je me suis sentie en sécurité, même en dormant en bivouac « sauvage », en restant raisonnable.
  • Les Marocains sont d’une gentillesse désarmante : on t’indique des spots, on t’offre le thé, on surveille parfois ton van sans que tu ne demandes rien.
  • Comme partout : éviter de s’isoler complètement près des grandes villes et ranger ce qui traîne à l’extérieur.
  • Des montagnes de l’Atlas aux portes du désert

    Mon aventure a commencé après Marrakech, quand la route commence à grimper vers le Haut Atlas, puis s’étire vers le sud en direction des palmeraies et du désert.

    Marrakech – Ouarzazate : la route des virages et des panoramas

    En quittant Marrakech, on attaque le col du Tizi n’Tichka. Si tu voyages en van, prévois :

  • Un van en bon état : la montée est longue, ça tire sur le moteur.
  • Des pauses photos, parce que les points de vue sont à couper le souffle.
  • Arrivée à Ouarzazate, j’ai fait ma première nuit en camping, pour me poser et profiter d’une bonne douche chaude. C’est aussi là que j’ai vraiment réalisé : le sud, le « vrai » commençait.

    Oasis de Fint : le premier mirage réel

    À quelques kilomètres de Ouarzazate, une piste (largement faisable avec un van classique par temps sec) mène à l’oasis de Fint. Quand la route s’arrête, tu découvres une vallée verte au milieu d’un décor minéral. J’y ai dormi deux nuits tellement l’endroit m’a happée.

  • Stationnement possible près des petites auberges locales.
  • Électricité et eau possibles en consommant sur place (repas, thé, etc.).
  • Le matin, je me réveillais avec le chant du muezzin et les palmes des dattiers qui frémissaient dans le vent. C’est là que j’ai compris que voyager en van au Maroc, c’est avant tout accepter d’étirer le temps.

    Vivre le désert en van : M’Hamid et les dunes de Chegaga

    Quand on parle de sud marocain, on pense tout de suite au désert. Mais comment ça se passe concrètement avec un van ?

    Vallée du Drâa : la route qui donne des frissons

    Depuis Ouarzazate, j’ai suivi la vallée du Drâa vers Zagora, puis M’Hamid. C’est l’une des plus belles routes du pays :

  • Des villages en pisé, des kasbahs en ruine, des palmeraies à perte de vue.
  • Des petits stands de dattes au bord de la route : à goûter absolument.
  • Chaque virage t’offre une nouvelle carte postale. J’ai souvent garé le van juste pour rester 10 minutes à regarder le paysage depuis la porte latérale ouverte.

    M’Hamid : la fin de la route, le début du désert

    À M’Hamid, l’asphalte se termine. Les derniers lampadaires marquent la limite entre « le monde avec route » et « le monde de sable ». C’est ici que j’ai laissé mon van pour partir une nuit en bivouac dans les dunes de Chegaga avec un guide local.

    Important :

  • Ne t’aventure pas avec un van classique dans le sable : tu risques fortement de t’ensabler.
  • Le bon plan : dormir au camping/guesthouse à M’Hamid, puis partir en 4×4 avec un guide vers les dunes pour une nuit.
  • Je me souviens encore du silence absolu la nuit, seulement brisé par le crépitement du feu et le bruit du thé qui chauffe dans la bouilloire. Le ciel était saturé d’étoiles, et j’ai compris pourquoi certains reviennent chaque année ici « pour se vider la tête ».

    Et Merzouga alors ?

    Lors d’un autre voyage, j’ai aussi découvert Merzouga et les dunes de l’Erg Chebbi, plus au nord-est. C’est plus touristique, mais aussi plus accessible en van :

  • Routes goudronnées jusqu’aux pieds des dunes.
  • Campings et auberges très bien équipés pour les vans, certains avec vue directe sur les dunes.
  • Si c’est ta première fois dans le désert, Merzouga peut être une bonne introduction. M’Hamid/Erg Chegaga est plus sauvage, plus loin, plus « bout du monde ».

    Oasis et kasbahs : la vie entre deux mondes

    Le sud marocain, ce n’est pas que le sable infini. C’est aussi des oasis qui ressemblent à des secrets bien gardés.

    Skoura : dormir au milieu des palmiers

    Skoura, près de Ouarzazate, a été un de mes coups de cœur. Une grande palmeraie, des kasbahs anciennes, et une ambiance hors du temps.

  • Plusieurs campings rustiques nichés dans la palmeraie.
  • Possibilité de balades à pied ou à vélo entre les canaux d’irrigation.
  • Un matin, un agriculteur m’a invitée à partager son petit-déjeuner : pain chaud, huile d’olive, olives et thé à la menthe. En échange, il m’a simplement demandé une photo de mon van, « pour montrer à ses enfants les maisons qui roulent ».

    La route vers Taliouine et Tafraoute

    En quittant la vallée du Drâa pour remonter vers l’Anti-Atlas, j’ai pris la direction de Taliouine (pays du safran) puis Tafraoute. Là, les paysages changent complètement :

  • Granites roses, rochers ronds empilés comme par un géant joueur.
  • Villages berbères accrochés aux flancs des montagnes.
  • Tafraoute est très connue des voyageurs en van : de grands espaces où se poser (souvent tolérés), une ambiance décontractée, des commerçants habitués aux voyageurs nomades. L’atmosphère y est douce et tranquille, surtout au coucher du soleil quand les roches prennent des teintes rouges intenses.

    Suivre l’Atlantique : d’Agadir à Sidi Ifni et au-delà

    Après la poussière du désert et la chaleur des vallées, retrouver l’Atlantique a été comme plonger la tête dans l’eau froide : brutal, mais revigorant.

    Agadir : point de transition

    Je ne me suis pas trop attardée à Agadir, mais c’est un excellent point de :

  • Ravitaillement (grandes surfaces, garages, stations-service à gogo).
  • Pause confort (campings bien équipés, plages immenses).
  • À partir de là, la route côtière vers le sud est un bonheur pour les vans.

    Mirleft & Legzira : falaises rouges et spots de rêve

    Mirleft m’a séduite immédiatement : un petit bourg tranquille, des plages sauvages, des falaises qui tombent dans l’océan. J’y ai trouvé quelques spots parfaits pour passer la nuit (souvent proche de campings ou auberges, pour l’accès à l’eau).

    Plus au sud, Legzira et ses fameuses arches de pierre rouge (une s’est effondrée, mais le site reste impressionnant) offrent un décor presque irréel au coucher du soleil.

  • Possibilité de dormir en van sur des parkings surplombant la mer.
  • Plusieurs petits restaurants de poisson frais à prix mini.
  • Je garde en mémoire un dîner improvisé : sardines grillées, pain, salade de tomates, le tout face à l’océan, le van juste derrière moi. Difficulté du soir : choisir entre ouvrir la porte latérale côté falaises ou côté coucher de soleil.

    Sidi Ifni & la route vers Guelmim

    Encore un peu plus au sud, Sidi Ifni garde une ambiance un peu rétro, héritage de son passé espagnol. Les façades bleu et blanc, les vieux bâtiments art déco, la promenade face à l’Atlantique… Une petite ville attachante et idéale pour une étape.

    En continuant vers Guelmim, la foule se fait plus rare, les paysages deviennent plus arides. C’est ici qu’on sent vraiment qu’on s’éloigne des classiques circuits touristiques. Le van redevient ton meilleur allié : c’est toi qui décides où t’arrêter, souvent seul face à l’horizon.

    Budget pour un road trip en van dans le sud marocain

    Tu t’en doutes, ce genre de voyage peut être très abordable. Voici des ordres de grandeur (qui peuvent varier, mais donnent une idée) :

    Carburant

  • Le diesel est généralement moins cher qu’en Europe.
  • Prévoir un bon budget carburant, car les distances sont importantes : en 2 à 3 semaines, tu peux facilement parcourir 2000 à 3000 km.
  • Nuitées

  • Campings : souvent entre 6 et 12 € la nuit pour un van + 1 ou 2 personnes, avec douche chaude et parfois électricité.
  • Bivouac « sauvage » : gratuit, mais je recommande de consommer un peu dans les cafés/restos à proximité ou de donner un petit billet aux gardiens lorsqu’il y en a.
  • Nourriture

  • Repas dans les petits restos : 3 à 6 € pour un tajine copieux ou un couscous.
  • Courses au marché : fruits, légumes et pain sont très bon marché.
  • Grandes surfaces dans les grandes villes (Agadir, Ouarzazate, Marrakech) pour compléter.
  • Activités

  • Bivouac dans le désert avec guide (M’Hamid ou Merzouga) : prévoir un budget dédié, mais l’expérience vaut largement son prix.
  • Entrée de certaines kasbahs ou sites : montants souvent modestes.
  • En étant raisonnable, un voyage en van dans le sud marocain peut revenir bien moins cher qu’un séjour classique en hôtel, surtout si tu voyages à deux.

    Conseils pratiques pour voyager en van au Maroc

    Quelques astuces qui m’ont simplifié la vie sur place.

    Gérer l’eau

  • Remplir ton réservoir d’eau dans les campings dès que possible.
  • Avoir des bidons supplémentaires pour l’eau potable (même si on trouve facilement de l’eau en bouteilles).
  • Utiliser un minimum d’eau pour la vaisselle : un lavage « nomade » avec bassine et peu de produit fait très bien l’affaire.
  • Applications utiles

  • Des applications de spots de vanlife t’aideront à trouver des campings et lieux de bivouac tolérés.
  • Une appli de cartographie hors ligne (type maps offline) est vraiment utile dès que tu quittes les grands axes.
  • Conduite & routes

  • Les routes principales sont globalement bonnes, même si parfois étroites.
  • Attention aux ralentisseurs (dos d’âne) souvent mal signalés et très hauts, surtout à l’approche des villages.
  • Rester prudent la nuit : éviter de rouler, entre animaux, camions et éclairage parfois absent.
  • Respect des lieux & de la culture

  • Éviter de s’installer trop près des habitations en bivouac.
  • S’habiller de manière respectueuse, surtout dans les villages (épaules et jambes couvertes de préférence).
  • Demander avant de prendre quelqu’un en photo, toujours.
  • Ce respect réciproque ouvre des portes incroyables : invitations à boire le thé, échanges sur le bord de la route, sourires spontanés. Le Maroc se vit autant dans le van qu’à l’extérieur.

    Itinéraire type de 2 à 3 semaines dans le sud marocain en van

    Pour t’aider à visualiser, voici un exemple d’itinéraire que tu peux adapter à ton rythme :

  • Arrivée à Marrakech ou Tanger, descente vers Marrakech (si tu viens avec ton van depuis l’Europe).
  • Marrakech – Ouarzazate via le Tizi n’Tichka.
  • Ouarzazate – Oasis de Fint – Skoura.
  • Skoura – Vallée du Drâa – Zagora – M’Hamid (portes du désert).
  • Excursion dans le désert (Chegaga) en laissant le van à M’Hamid.
  • Remontée vers Taliouine puis Tafraoute (Anti-Atlas).
  • Descente vers Tiznit, puis Mirleft, Legzira et Sidi Ifni sur la côte atlantique.
  • Remontée par Agadir (ravitaillement) et retour Marrakech ou vers le nord.
  • Cet itinéraire mêle désert, oasis, montagnes et océan, avec des étapes suffisamment courtes pour profiter sans passer la journée entière à rouler.

    Ce que le sud marocain m’a appris sur la vanlife

    Sur la route du sud, mon van est devenu plus qu’un simple véhicule : c’était ma petite maison roulante, mais aussi un prétexte à la rencontre. Les enfants couraient vers lui en criant « bonjour ! », les adultes venaient frapper pour discuter, savoir d’où je venais, où j’allais.

    Voyager en van dans le sud du Maroc, c’est accepter que le temps se dilate, que les imprévus deviennent la norme et que le sable s’invite partout (mais vraiment partout). C’est aussi apprendre à faire simple : un tajine partagé sous un auvent, une douche solaire derrière le van, un coucher de soleil sur les dunes ou sur l’Atlantique en guise de cinéma du soir.

    Si tu rêves d’un voyage dépaysant, abordable, où tu peux passer d’un océan déchaîné à un désert silencieux en quelques jours, alors le sud marocain en van risque de te coller longtemps à la peau. Et peut-être, comme moi, tu te surprendras sur la route du retour à déjà imaginer le prochain départ vers ces paysages qui donnent envie de ne jamais vraiment rentrer.

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