Pourquoi le sud du Maroc en van a changé ma façon de voyager
Je pensais connaître le Maroc après quelques city-trips à Marrakech et Fès. C’était avant de descendre en van vers le sud, là où l’asphalte se perd dans le sable, où les oasis surgissent comme des mirages, et où l’océan Atlantique vient frapper des falaises ocre au bout d’une route poussiéreuse.
Voyager en van dans le sud marocain, c’est accepter de rouler lentement, de se perdre un peu, de suivre les conseils d’un marchand de thé pour trouver un spot pour la nuit. C’est aussi un voyage très accessible côté budget, à condition de bien s’organiser.
Dans cet article, je t’emmène dans mon aventure entre désert, oasis et routes côtières atlantiques, avec un maximum de concret : itinéraire, spots, budget, et surtout ce qu’on ne te dit pas toujours sur le voyage en van au Maroc.
Préparer son road trip en van dans le sud marocain
On commence par le nerf de la guerre : comment préparer ce genre de road trip sans se arracher les cheveux ?
Van : le tien ou une location sur place ?
J’ai fait ce voyage avec mon propre van, descendu depuis l’Europe par l’Espagne jusqu’à Tanger, puis direction le sud. Mais tu peux tout à fait :
Période idéale
Le sud marocain peut être brûlant l’été, surtout côté désert. Pour un voyage en van, je te conseille :
Sécurité & ressenti
C’est souvent la première question qu’on me pose. Mon ressenti sur place :
Des montagnes de l’Atlas aux portes du désert
Mon aventure a commencé après Marrakech, quand la route commence à grimper vers le Haut Atlas, puis s’étire vers le sud en direction des palmeraies et du désert.
Marrakech – Ouarzazate : la route des virages et des panoramas
En quittant Marrakech, on attaque le col du Tizi n’Tichka. Si tu voyages en van, prévois :
Arrivée à Ouarzazate, j’ai fait ma première nuit en camping, pour me poser et profiter d’une bonne douche chaude. C’est aussi là que j’ai vraiment réalisé : le sud, le « vrai » commençait.
Oasis de Fint : le premier mirage réel
À quelques kilomètres de Ouarzazate, une piste (largement faisable avec un van classique par temps sec) mène à l’oasis de Fint. Quand la route s’arrête, tu découvres une vallée verte au milieu d’un décor minéral. J’y ai dormi deux nuits tellement l’endroit m’a happée.
Le matin, je me réveillais avec le chant du muezzin et les palmes des dattiers qui frémissaient dans le vent. C’est là que j’ai compris que voyager en van au Maroc, c’est avant tout accepter d’étirer le temps.
Vivre le désert en van : M’Hamid et les dunes de Chegaga
Quand on parle de sud marocain, on pense tout de suite au désert. Mais comment ça se passe concrètement avec un van ?
Vallée du Drâa : la route qui donne des frissons
Depuis Ouarzazate, j’ai suivi la vallée du Drâa vers Zagora, puis M’Hamid. C’est l’une des plus belles routes du pays :
Chaque virage t’offre une nouvelle carte postale. J’ai souvent garé le van juste pour rester 10 minutes à regarder le paysage depuis la porte latérale ouverte.
M’Hamid : la fin de la route, le début du désert
À M’Hamid, l’asphalte se termine. Les derniers lampadaires marquent la limite entre « le monde avec route » et « le monde de sable ». C’est ici que j’ai laissé mon van pour partir une nuit en bivouac dans les dunes de Chegaga avec un guide local.
Important :
Je me souviens encore du silence absolu la nuit, seulement brisé par le crépitement du feu et le bruit du thé qui chauffe dans la bouilloire. Le ciel était saturé d’étoiles, et j’ai compris pourquoi certains reviennent chaque année ici « pour se vider la tête ».
Et Merzouga alors ?
Lors d’un autre voyage, j’ai aussi découvert Merzouga et les dunes de l’Erg Chebbi, plus au nord-est. C’est plus touristique, mais aussi plus accessible en van :
Si c’est ta première fois dans le désert, Merzouga peut être une bonne introduction. M’Hamid/Erg Chegaga est plus sauvage, plus loin, plus « bout du monde ».
Oasis et kasbahs : la vie entre deux mondes
Le sud marocain, ce n’est pas que le sable infini. C’est aussi des oasis qui ressemblent à des secrets bien gardés.
Skoura : dormir au milieu des palmiers
Skoura, près de Ouarzazate, a été un de mes coups de cœur. Une grande palmeraie, des kasbahs anciennes, et une ambiance hors du temps.
Un matin, un agriculteur m’a invitée à partager son petit-déjeuner : pain chaud, huile d’olive, olives et thé à la menthe. En échange, il m’a simplement demandé une photo de mon van, « pour montrer à ses enfants les maisons qui roulent ».
La route vers Taliouine et Tafraoute
En quittant la vallée du Drâa pour remonter vers l’Anti-Atlas, j’ai pris la direction de Taliouine (pays du safran) puis Tafraoute. Là, les paysages changent complètement :
Tafraoute est très connue des voyageurs en van : de grands espaces où se poser (souvent tolérés), une ambiance décontractée, des commerçants habitués aux voyageurs nomades. L’atmosphère y est douce et tranquille, surtout au coucher du soleil quand les roches prennent des teintes rouges intenses.
Suivre l’Atlantique : d’Agadir à Sidi Ifni et au-delà
Après la poussière du désert et la chaleur des vallées, retrouver l’Atlantique a été comme plonger la tête dans l’eau froide : brutal, mais revigorant.
Agadir : point de transition
Je ne me suis pas trop attardée à Agadir, mais c’est un excellent point de :
À partir de là, la route côtière vers le sud est un bonheur pour les vans.
Mirleft & Legzira : falaises rouges et spots de rêve
Mirleft m’a séduite immédiatement : un petit bourg tranquille, des plages sauvages, des falaises qui tombent dans l’océan. J’y ai trouvé quelques spots parfaits pour passer la nuit (souvent proche de campings ou auberges, pour l’accès à l’eau).
Plus au sud, Legzira et ses fameuses arches de pierre rouge (une s’est effondrée, mais le site reste impressionnant) offrent un décor presque irréel au coucher du soleil.
Je garde en mémoire un dîner improvisé : sardines grillées, pain, salade de tomates, le tout face à l’océan, le van juste derrière moi. Difficulté du soir : choisir entre ouvrir la porte latérale côté falaises ou côté coucher de soleil.
Sidi Ifni & la route vers Guelmim
Encore un peu plus au sud, Sidi Ifni garde une ambiance un peu rétro, héritage de son passé espagnol. Les façades bleu et blanc, les vieux bâtiments art déco, la promenade face à l’Atlantique… Une petite ville attachante et idéale pour une étape.
En continuant vers Guelmim, la foule se fait plus rare, les paysages deviennent plus arides. C’est ici qu’on sent vraiment qu’on s’éloigne des classiques circuits touristiques. Le van redevient ton meilleur allié : c’est toi qui décides où t’arrêter, souvent seul face à l’horizon.
Budget pour un road trip en van dans le sud marocain
Tu t’en doutes, ce genre de voyage peut être très abordable. Voici des ordres de grandeur (qui peuvent varier, mais donnent une idée) :
Carburant
Nuitées
Nourriture
Activités
En étant raisonnable, un voyage en van dans le sud marocain peut revenir bien moins cher qu’un séjour classique en hôtel, surtout si tu voyages à deux.
Conseils pratiques pour voyager en van au Maroc
Quelques astuces qui m’ont simplifié la vie sur place.
Gérer l’eau
Applications utiles
Conduite & routes
Respect des lieux & de la culture
Ce respect réciproque ouvre des portes incroyables : invitations à boire le thé, échanges sur le bord de la route, sourires spontanés. Le Maroc se vit autant dans le van qu’à l’extérieur.
Itinéraire type de 2 à 3 semaines dans le sud marocain en van
Pour t’aider à visualiser, voici un exemple d’itinéraire que tu peux adapter à ton rythme :
Cet itinéraire mêle désert, oasis, montagnes et océan, avec des étapes suffisamment courtes pour profiter sans passer la journée entière à rouler.
Ce que le sud marocain m’a appris sur la vanlife
Sur la route du sud, mon van est devenu plus qu’un simple véhicule : c’était ma petite maison roulante, mais aussi un prétexte à la rencontre. Les enfants couraient vers lui en criant « bonjour ! », les adultes venaient frapper pour discuter, savoir d’où je venais, où j’allais.
Voyager en van dans le sud du Maroc, c’est accepter que le temps se dilate, que les imprévus deviennent la norme et que le sable s’invite partout (mais vraiment partout). C’est aussi apprendre à faire simple : un tajine partagé sous un auvent, une douche solaire derrière le van, un coucher de soleil sur les dunes ou sur l’Atlantique en guise de cinéma du soir.
Si tu rêves d’un voyage dépaysant, abordable, où tu peux passer d’un océan déchaîné à un désert silencieux en quelques jours, alors le sud marocain en van risque de te coller longtemps à la peau. Et peut-être, comme moi, tu te surprendras sur la route du retour à déjà imaginer le prochain départ vers ces paysages qui donnent envie de ne jamais vraiment rentrer.
