×

Domaines skiables en islande : ou skier en islande ? mon retour d’expérience sur les stations et la poudreuse nordique

Domaines skiables en islande : ou skier en islande ? mon retour d’expérience sur les stations et la poudreuse nordique

Domaines skiables en islande : ou skier en islande ? mon retour d’expérience sur les stations et la poudreuse nordique

Je vais être honnête : quand j’ai annoncé à mes amis que je partais skier en Islande, j’ai eu droit à des regards perplexes. « Mais… il y a des stations de ski là-bas ? ». Oui, et pas qu’un peu. Certes, on n’est pas sur les Alpes avec leurs centaines de kilomètres de pistes, mais si tu rêves de poudreuse nordique, de panoramas lunaires et d’ambiances de bout du monde, alors les domaines skiables en Islande risquent de te rester longtemps dans la peau.

Dans cet article, je te partage mon retour d’expérience sur les stations où skier en Islande, à quoi t’attendre sur place, les bons plans pour un budget pas (trop) explosif, et quelques anecdotes glissées entre deux chutes dans la poudreuse.

Skier en Islande : à quoi s’attendre vraiment ?

Avant de parler stations, mettons les choses au clair : l’Islande n’est pas une destination de ski « classique ». Si tu cherches surtout de l’animation en station, des bars d’après-ski bondés et des kilomètres de pistes parfaitement damées, tu risques d’être un peu dérouté.

En revanche, si tu as envie de :

  • Skier face à l’océan, avec le fjord en toile de fond
  • Découvrir des petites stations locales au charme brut
  • Goûter à la vraie neige nordique, souvent froide, sèche et ultra agréable à skier
  • Te sentir minuscule sous un ciel changeant, parfois auréolé d’aurores boréales

Alors là, tu es au bon endroit.

Les domaines skiables islandais sont généralement plus petits, mais l’expérience globale, elle, est immense. Les remontées sont limitées, mais les possibilités de hors-piste, de randonnée à ski et de freeride sont, elles, gigantesques. On vient moins pour enchaîner les pistes que pour vivre un moment de montagne… version arctique.

Où skier en Islande ? Les principaux domaines à connaître

L’Islande ne compte pas une infinité de stations, mais elles sont assez bien réparties sur l’île, surtout dans le nord. Voici celles qui m’ont le plus marquée, et celles que je recommande selon ton itinéraire.

Bláfjöll : la station de « Reykjavik »

Si tu restes basé(e) à Reykjavik et que tu veux t’offrir une journée de ski sans trop t’éloigner, Bláfjöll est l’adresse idéale. C’est la grande station la plus proche de la capitale.

Située à environ 30–40 minutes de route (quand la météo est clémente), Bláfjöll, c’est un peu la station du coin pour les familles islandaises. Les jours de beau temps, tout le monde débarque : kids en combi fluo, snowboarders, groupes d’amis… et quelques voyageurs curieux.

Ce que j’ai aimé à Bláfjöll :

  • La proximité avec Reykjavik : parfait pour une journée ou même une demi-journée de ski
  • L’ambiance hyper locale : on a l’impression d’être invité chez les Islandais
  • Les couchers de soleil sur les montagnes volcaniques par temps dégagé

Ce qu’il faut savoir :

  • La station dépend énormément des conditions météo : certaines journées, c’est juste fermé, point.
  • Le domaine n’est pas immense, mais suffisant pour se faire plaisir une à deux journées, surtout si tu es en mode road trip autour du pays.
  • Les pistes sont accessibles pour tous niveaux, avec quelques options plus pentues pour se faire un peu les jambes.

Petit souvenir : je me rappelle d’un après-midi où, entre deux averses de neige, le ciel s’est ouvert d’un coup. On s’est retrouvé à skier sous une lumière dorée, avec Reykjavik au loin et l’océan qui scintillait. Quelques minutes plus tard, le brouillard est retombé. Islande 1 – Skieuse 0.

Hlíðarfjall : le grand classique du nord, à Akureyri

Si tu as un peu de temps et que tu peux monter jusqu’au nord, Hlíðarfjall, au-dessus de la ville d’Akureyri, est à mon sens le domaine skiable à ne pas rater en Islande.

Akureyri, c’est un peu la « capitale du nord », une petite ville adorable nichée au fond d’un fjord, avec des cafés cosy, une piscine géothermique et… une station de ski à quelques minutes en voiture.

Hlíðarfjall, c’est :

  • Un domaine plus développé que la moyenne islandaise
  • Un dénivelé intéressant pour vraiment profiter des descentes
  • Des vues magnifiques sur l’Eyjafjörður, l’un des plus beaux fjords du pays

Niveau ski, tu y trouveras :

  • Des pistes pour tous niveaux : du débutant au confirmé
  • De belles possibilités de poudreuse après une chute de neige (ce qui arrive souvent en hiver !)
  • Une ambiance plus sportive, avec pas mal de locaux bien équipés qui viennent vraiment pour « envoyer »

Ce que j’ai adoré, c’est ce contraste : un matin, tu skies sur une neige froide et légère face au fjord, l’après-midi tu te retrouves dans un café d’Akureyri, mug de chocolat chaud entre les mains, les joues encore brûlantes du vent.

Conseil pratique : si tu voyages avec un petit budget, Akureyri est un bon camp de base. Tu peux y trouver quelques hébergements plus abordables qu’à Reykjavik, cuisiner toi-même et rayonner vers Hlíðarfjall pour plusieurs jours de ski.

Siglufjörður & Dalvík : l’âme freeride du Trollaskagi

Si tu regardes une carte du nord de l’Islande, tu verras une sorte de péninsule hérissée de montagnes : c’est la péninsule des Trolls, le Trollaskagi. Rien que le nom donne envie de s’y perdre, non ?

C’est là que j’ai eu mes plus beaux moments de neige. Pas forcément sur les pistes balisées, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire…

Siglufjörður : petite station, grandes sensations

Siglufjörður est un ancien village de pêche au hareng, encastré entre des montagnes abruptes et l’océan. La route pour y arriver est déjà une aventure, surtout en hiver, avec ses tunnels et ses virages au bord du fjord.

La station elle-même est assez petite, mais l’ambiance y est unique :

  • Vues imprenables sur la mer depuis certaines portions de piste
  • Beaux champs de neige autour, parfaits pour ceux qui aiment s’éloigner un peu (avec prudence et équipement d’avalanches, évidemment)
  • Une atmosphère de bout du monde que tu n’oublies pas

Je me souviens d’une descente dans une lumière bleutée de fin d’après-midi, avec le village en contrebas, ses maisons colorées et la mer juste derrière. Tu skies, mais tu as limite l’impression de flotter entre montagne et océan.

Dalvík : entre station locale et paradis du ski de rando

Dalvík, un peu plus au sud sur le même fjord, est très appréciée des amateurs de ski de randonnée et de freeride. Il y a une petite station locale, simple, sans chichis, avec quelques remontées. L’essentiel, ici, se trouve souvent au-delà des pistes.

Si tu es tenté(e) par du ski de rando ou même de l’héliski, la région de Dalvík et de la péninsule des Trolls est l’un des hotspots islandais. On n’est pas sur du ski de masse : il y a encore ce sentiment rare d’être seul dans la montagne, avec, parfois, l’océan comme ligne d’horizon.

À faire si ton budget le permet : une journée de ski de rando encadrée par un guide local. C’est un investissement, mais c’est aussi un de ces souvenirs qui marquent une vie entière.

Plus loin encore : Ísafjörður, Oddsskarð et l’Est islandais

Pour celles et ceux qui ont envie de pousser l’aventure, il existe d’autres petits domaines dans des coins encore plus reculés.

Ísafjörður et les fjords de l’Ouest

Dans les fjords de l’Ouest, la petite ville d’Ísafjörður possède sa propre station. C’est une région déjà sauvage en été, alors imagine en hiver… Là-bas, le ski se vit presque comme un prétexte pour être dans le paysage, au milieu de ces fjords taillés dans la glace et le temps.

On est clairement sur un terrain de jeu idéal pour ceux qui aiment :

  • Les voyages hors des sentiers battus
  • Les expériences très locales et rustiques
  • Le ski de rando et les sorties encadrées loin de la foule

Oddsskarð et les stations de l’Est

À l’est de l’Islande, il existe aussi quelques domaines, comme Oddsskarð, perchée dans un col entre Neskaupstaður et Eskifjörður. C’est le genre d’endroit où, certains jours, tu peux littéralement avoir la station presque pour toi seul(e).

Là encore, on parle de petites structures, de remontées limitées, mais de paysages qui compensent largement la taille du domaine : montagnes déchiquetées, fjords étroits, lumière parfois dramatique avec les nuages qui accrochent les sommets.

La neige en Islande : la fameuse poudreuse nordique

Parlons de ce qui nous fait vraiment vibrer : la neige.

En Islande, la neige peut être extrêmement changeante, parfois frustrante, souvent fabuleuse. Mais quand les conditions sont réunies… c’est un petit paradis.

Ce que j’ai constaté sur place :

  • Les températures restent souvent assez basses en hiver, ce qui donne une neige sèche et légère, parfaite pour le ski
  • Les chutes de neige peuvent être abondantes, parfois en très peu de temps
  • Le vent joue un rôle énorme : il peut transformer la texture de la neige d’un versant à l’autre

C’est cette combinaison qui donne à la « poudreuse nordique » son caractère si particulier : quand elle est bonne, elle est vraiment très bonne. Mais il faut accepter de jouer avec les humeurs du ciel.

Une matinée, je me suis retrouvée à tracer dans de la neige presque impalpable, qui volait derrière mes skis comme une fumée blanche. L’après-midi, sur un autre versant exposé au vent, c’était plus dur, plus technique, presque glacé par endroits. En Islande, rien n’est jamais complètement uniforme.

Quand partir skier en Islande ?

La saison varie selon les régions, mais globalement, pour le ski alpin :

  • Les stations ouvrent en général entre fin novembre et décembre, selon l’enneigement
  • Le cœur de la saison se situe entre janvier et mars
  • Avril peut offrir de très belles conditions, avec plus de lumière et des températures un peu plus douces

Janvier et février : c’est l’hiver « dur ». Les journées sont courtes, mais tu peux combiner ski et chasse aux aurores boréales. Attention cependant à la météo : tempêtes, routes fermées, stations qui ouvrent et ferment en fonction du vent… tout est plus imprévisible.

En mars et avril, tu gagnes en luminosité, ce qui rend l’expérience plus douce, surtout si tu n’es pas habitué(e) à la nuit polaire. C’est aussi une très bonne période pour le ski de rando.

Équipement et préparation : ce qu’il ne faut pas sous-estimer

Skier en Islande, ce n’est pas juste « prendre sa tenue habituelle des Alpes » et hop. Le vent, l’humidité, le froid parfois mordant demandent un minimum de préparation.

À prévoir absolument :

  • Un bon système de couches : première couche technique, polaire ou doudoune légère, et une veste extérieure bien coupe-vent et imperméable
  • Un masque de ski avec double écran (ou un écran interchangeable) pour gérer la lumière très changeante
  • Une cagoule ou un buff chaud : indispensable quand le vent se lève
  • Gants vraiment chauds, et éventuellement une paire de sous-gants

Tu peux louer le matériel (skis, snowboards, chaussures, casques) sur place dans plusieurs stations ou grandes villes. Si tu n’es pas ultra exigeant(e) sur la dernière paire de skis à la mode, c’est largement suffisant pour profiter.

En hors-piste ou en rando, ne pars jamais sans :

  • DVA (détecteur de victimes d’avalanche)
  • Pelle et sonde
  • Connaissances minimales en nivologie ou, à défaut, un guide local expérimenté

Budget : combien coûte une journée de ski en Islande ?

On ne va pas se mentir : l’Islande est chère. Mais sur le ski en lui-même, tu peux t’en sortir à un tarif pas si délirant, surtout si tu compares avec certaines grosses stations européennes.

En général :

  • Le forfait journée est souvent un peu moins cher que dans les grandes stations alpines connues
  • La location de matériel reste dans une fourchette comparable, voire légèrement supérieure
  • Le vrai budget qui explose, ce sont plutôt l’hébergement, la nourriture et la voiture de location

Pour limiter la casse :

  • Voyage à plusieurs pour partager les frais de voiture et de logement
  • Privilégie les hébergements avec cuisine (auberges, guesthouses, Airbnb) et cuisine un maximum
  • Fais tes courses dans les supermarchés Bonus ou Kronan plutôt que de manger tout le temps au restaurant

Ce que j’aime dans le ski en Islande, c’est que tu peux facilement l’intégrer à un road trip plus global : quelques jours à Reykjavik, un passage par le Cercle d’Or, puis direction le nord pour une ou deux journées de ski, avant de repartir explorer les fjords. Le ski n’est pas l’unique objectif, mais plutôt l’un des beaux chapitres de ton voyage.

La météo et la route : accepter l’imprévu

Si tu as une qualité à emporter avec toi en Islande, en plus de ta doudoune, c’est la flexibilité. Le pays fonctionne au rythme de la météo, et la météo fait un peu ce qu’elle veut.

Tu dois être prêt(e) à :

  • Changer ton programme la veille, voire le matin même
  • Accepter qu’une station soit fermée pour cause de vent trop fort
  • Passer une journée « off » à la piscine géothermique plutôt qu’à skier

Vérifie toujours :

  • L’état des routes sur le site de l’administration islandaise (Vegagerðin)
  • Les prévisions météo (Vedur.is est ton nouveau meilleur ami)
  • Les infos mises à jour sur le site ou les réseaux sociaux de la station où tu souhaites aller

Une fois que tu acceptes cette part d’imprévu, l’Islande devient un immense terrain de jeu, où chaque éclaircie et chaque journée de poudreuse se savourent encore plus fort.

Pourquoi le ski en Islande m’a marquée

Ce n’est pas la quantité de pistes qui m’a séduite en Islande, mais tout ce qu’il y a autour : cette lumière irréelle, ces montagnes qui plongent dans la mer, cette sensation de skier au bout du monde, dans un pays qui semble toujours en train de se réinventer entre glace et feu.

Skier à Hlíðarfjall avec vue sur le fjord, dévaler une petite piste à Siglufjörður en sentant presque l’odeur de l’océan, siroter une soupe brûlante dans un café d’Akureyri après une journée passée dans le froid… tout ça, ce sont des images qui restent gravées.

Si tu cherches une expérience de ski différente, plus brute, plus intime, et que l’idée de combiner road trip, bains chauds et poudreuse nordique te fait vibrer, alors oui : les domaines skiables d’Islande méritent clairement une place sur ta liste de voyages.

Et qui sait… peut-être que, comme moi, tu reviendras avec cette impression étrange d’avoir laissé un petit morceau de toi sur une crête balayée par le vent, quelque part entre un fjord et un nuage.