Autotour autriche en van : mon circuit alpin entre lacs, montagnes et villages de carte postale
Je ne sais pas à quoi vous pensez quand on vous dit “Autriche”, mais pour moi, avant ce voyage, c’était surtout Mozart, Vienne et les décors de “La Mélodie du Bonheur”. Et puis un jour, j’ai pris la route en van à travers les Alpes autrichiennes… et tout a changé. Des lacs turquoise, des sommets enneigés même en été, des villages qui ressemblent à des cartes postales et des routes panoramiques qui donnent envie de s’arrêter tous les 500 mètres.
Dans cet article, je vous emmène avec moi sur mon autotour en Autriche en van : un circuit alpin pensé pour les amoureux de nature, de liberté et de petits budgets. Au programme : itinéraire détaillé, spots coups de cœur, conseils pratiques et quelques galères (parce que oui, c’est aussi ça la vanlife).
Pourquoi choisir l’Autriche pour un autotour en van ?
Si vous aimez :
- les grands espaces sans devoir traverser la planète,
- les routes de montagne spectaculaires mais bien entretenues,
- les lacs cristallins où piquer une tête après une rando,
- et les villages fleuris qui sentent le bois et le strudel,
l’Autriche est un terrain de jeu parfait.
Ce que j’ai particulièrement aimé :
- Des distances raisonnables : on ne passe pas ses journées sur l’autoroute, l’itinéraire avance à un rythme humain.
- Une nature super accessible : énormément de randos bien balisées, de téléphériques, de plages de lacs aménagées…
- Une vraie culture de la montagne : refuges, alpages, tyroliennes, via ferrata… impossible de s’ennuyer.
- Un pays sûr et propre : idéal pour dormir dans son van en se sentant tranquille.
Et en van, c’est encore mieux : vous suivez la météo, vous rallongez là où vous avez un coup de cœur, vous repartez tôt le matin quand les lacs sont encore lisses comme des miroirs… Bref, liberté totale.
Mon itinéraire d’autotour en van en Autriche (10 à 12 jours)
Voici le circuit que j’ai suivi, en mode boucle alpine. Il est idéal sur 10 à 12 jours, mais vous pouvez le raccourcir ou le rallonger selon votre rythme.
- Point d’entrée conseillé : Salzbourg (en venant de France par l’Allemagne ou en avion + location de van).
- Régions traversées : Salzkammergut, massif du Dachstein, Grossglockner, Pinzgau, Tyrol.
Je vous détaille chaque grande étape avec mes spots préférés.
Étape 1 : Salzbourg, ambiance baroque et premières montagnes
Salzbourg, c’est un peu la porte d’entrée des Alpes autrichiennes. J’y ai passé une journée et une nuit, juste assez pour :
- flâner dans la vieille ville (Altstadt) entre façades pastel et patios cachés,
- monter à la forteresse Hohensalzburg pour une vue à 360° sur les toits et les sommets,
- me perdre dans les rues où résonne encore l’ombre de Mozart (et les boutiques de chocolats à son effigie).
Avec un van, le plus simple est de ne pas chercher à dormir dans le centre. J’ai opté pour un camping en périphérie, accessible en bus, avec douche chaude salvatrice après plusieurs heures de route.
Si vous êtes pressés, vous pouvez même zapper la nuit sur place : arriver tôt, visiter, puis filer directement vers les lacs en fin de journée pour votre première nuit “nature”.
Étape 2 : Salzkammergut – entre lacs turquoise et villages de carte postale
Le Salzkammergut, c’est l’Autriche de carte postale par excellence : lacs profonds, chalets fleuris, montagnes qui plongent dans l’eau. J’y ai passé 3 jours, et honnêtement, j’aurais pu y rester une semaine.
Mes incontournables :
- Le Wolfgangsee : un lac vert émeraude entouré de villages charmants comme St. Gilgen ou St. Wolfgang. J’y ai passé ma première vraie nuit “sauvage” en van, sur un petit parking en bord de lac (trouvé via une appli type Park4Night), avec le bruit de l’eau en fond sonore.
- Le Fuschlsee : plus petit, plus intimiste, parfait pour une baignade au coucher du soleil. L’eau y est d’une limpidité presque irréelle.
- Hallstatt : oui, c’est touristique. Oui, il y a du monde. Mais venir jusqu’ici et ne pas voir Hallstatt, c’est un peu comme aller à Paris sans passer devant la Tour Eiffel. Le village semble littéralement collé à la montagne, face à un lac sombre et profond. Arrivez tôt le matin ou en fin de journée pour éviter les bus.
Ce que j’ai adoré en van : changer de spot au gré de la lumière. Baignade matinale dans un lac, sieste dans le van porte ouverte face à l’eau, repas du soir avec vue sur les montagnes. L’avantage ici, c’est qu’il y a beaucoup de parkings (souvent payants en journée, mais calmes la nuit hors haute saison).
Étape 3 : Dachstein – glaciers, points de vue vertigineux et randos
Depuis Hallstatt, j’ai pris la route vers le massif du Dachstein. On change d’ambiance : la montagne se fait plus haute, plus brute, plus minérale.
À ne pas manquer :
- Le Dachstein Krippenstein : un téléphérique vous emmène là-haut, où vous attendent :
- la fameuse plateforme “5 Fingers”, cinq passerelles en verre au-dessus du vide,
- des sentiers panoramiques faciles d’accès,
- et une vue sur les glaciers et les lacs en contrebas.
- Les grottes de glace (Dachstein Rieseneishöhle) : un monde bleu et silencieux sous la montagne.
Avec un van, prévoyez de monter tôt pour vous garer facilement près du téléphérique. La nuit, je l’ai passée un peu plus bas dans la vallée, sur un petit parking forestier autorisé au stationnement, bercée par le bruit d’un torrent. Le genre de nuit où l’on se rappelle pourquoi on aime tant ce mode de voyage.
Étape 4 : La route alpine du Grossglockner – la plus belle route d’Autriche
On attaque le gros morceau de l’itinéraire : la Grossglockner Hochalpenstrasse, la route alpine du Grossglockner, plus haut sommet d’Autriche. Une route panoramique payante qui serpente entre 1500 et plus de 2500 m d’altitude, avec des dizaines de belvédères et de sentiers.
Ce que j’y ai vécu :
- Des lacets à n’en plus finir, mais sur un bitume impeccable (même avec un van un peu lourd, ça se fait très bien).
- Des arrêts toutes les dix minutes pour prendre des photos (prévoyez large niveau temps).
- Le point de vue du Franz-Josefs-Höhe sur le glacier Pasterze et le Grossglockner. Même réduit par le réchauffement climatique, le glacier reste impressionnant.
Astuce : arrivez dès l’ouverture des barrières pour profiter de la lumière du matin et des routes encore calmes. La traversée se fait en une journée, mais vous pouvez tout à fait prévoir une nuit avant et une après dans les vallées alentours, en mode van posé dans les alpages.
Étape 5 : Zell am See et le Pinzgau – lacs et panoramas doux
Après les paysages haute montagne du Grossglockner, j’ai fait une pause “douceur” autour de Zell am See.
Le village est posé au bord d’un grand lac, entouré de collines et de sommets plus doux. C’est l’endroit parfait pour :
- une journée chill à la plage du lac,
- une balade à vélo sur les pistes cyclables,
- ou une montée au Schmittenhöhe pour un panorama sur toute la vallée.
En van, j’ai trouvé un petit camping simple, sans chichi, avec accès direct au sentier au bord de l’eau. Douche chaude + coucher de soleil en marchant au bord du lac = combo gagnant après plusieurs jours très “alpins”.
Étape 6 : Tyrol, entre vallées secrètes et grands classiques
Pour la dernière partie de ce circuit, j’ai mis le cap sur le Tyrol, cette région emblématique de l’Autriche faite de chalets, de clochers pointus et de vaches heureuses.
Quelques idées de stops :
- Innsbruck : une ville de montagne dynamique, avec un joli centre historique et les montagnes qui tombent presque sur les toits. J’y ai passé quelques heures, le temps de flâner et de refaire le plein (essence et courses).
- Achensee : un lac d’un bleu profond, entouré de falaises. J’y ai dormi dans le van, garée sur un parking forestier en retrait, et le matin je me suis réveillée avec les cloches des vaches en guise de réveil.
- Une vallée au hasard… ou presque : le Tyrol est truffé de vallées latérales pleines de petits villages et de chemins de randonnée. C’est l’endroit idéal pour improviser selon la météo et vos envies.
À ce stade du voyage, mon van était devenu vraiment “ma maison”. Chaque soir, je retrouvais mes petites habitudes : sortir la table pliante, faire chauffer des pâtes au réchaud, remplir ma gourde à la fontaine du village, puis me glisser dans mon duvet en regardant les étoiles par la fenêtre arrière. Simple, mais terriblement addictif.
Voyager en van en Autriche : règles, réalités et bons plans
Avant de partir, je m’étais posé la question que vous avez peut-être en tête : a-t-on le droit de dormir partout en van en Autriche ? La réponse est : ça dépend… mais non, pas vraiment “partout”.
En résumé :
- Le camping sauvage est officiellement interdit dans la plupart des régions, surtout dans les zones naturelles protégées.
- La tolérance varie d’un Land (région) à l’autre. En montagne, rester discret, arriver tard, repartir tôt, ne sortir ni tables ni chaises et ne laisser aucune trace peut passer… mais rien n’est garanti.
- Les campings sont très nombreux, bien équipés, souvent propres et relativement chers mais pas délirants pour l’Autriche.
Mes astuces pour voyager serein :
- Utiliser des applis (Park4Night, etc.) pour repérer :
- les parkings avec stationnement nocturne autorisé,
- les campings les mieux notés,
- les aires de services pour vidanger et faire le plein d’eau.
- Privilégier le hors saison (mai-juin, septembre) : plus de calme, plus de tolérance, moins de contrôles.
- Toujours respecter ces règles de base :
- ne rien laisser derrière soi,
- éviter les comportements “camping” (tonnelles, barbecues…) en dehors des zones prévues,
- rester courtois si quelqu’un vous demande de bouger.
En appliquant ces principes, je n’ai jamais eu de souci pendant ce circuit. Juste quelques réveils par les cloches des vaches… mais ça, on s’y fait.
Budget pour un autotour en van en Autriche
Voyager en Autriche n’est pas donné, mais en van et en s’organisant bien, on peut s’en sortir avec un budget raisonnable. Voici une idée des postes de dépenses pour 10 à 12 jours, pour 2 personnes en van :
- Carburant : selon votre point de départ et votre van, comptez une enveloppe assez large. Les routes de montagne consomment plus que l’autoroute.
- Campings / nuits :
- Campings : environ 25 à 40 € / nuit pour 2 personnes + van, selon la région et la saison.
- Nuits “sauvages” ou sur parkings autorisés : 0 € (à doser avec modération pour vidanges et douches).
- Nourriture :
- En cuisinant dans le van majoritairement, les courses restent dans une fourchette proche de la France.
- Repas au resto ou refuge en montagne : plutôt chers. J’en ai fait 2 pendant le séjour, comme petits plaisirs ponctuels.
- Activités & visites :
- Téléphériques (Dachstein, Schmittenhöhe…) : prévoir un petit budget, ça chiffre vite.
- Route du Grossglockner : péage à anticiper dans votre budget.
Pour rester dans un esprit “budget maîtrisé”, j’ai :
- cuisiné presque tous mes repas dans le van,
- alterné nuits en camping et nuits “gratuites” quand c’était possible,
- choisi quelques activités payantes vraiment “wahou” et profité du reste du temps de randos gratuites.
Conseils pratiques pour un road trip alpin réussi en van
Quelques points à vérifier avant de prendre la route vers l’Autriche :
- Période idéale :
- Mai-juin : la neige a reculé, il y a déjà de belles journées, et c’est encore calme.
- Septembre-début octobre : lumières magnifiques, moins de monde, couleurs d’automne en prime.
- Juillet-août : possible bien sûr, mais plus de monde, plus cher, et il faut réserver certains campings.
- Préparation du van :
- Freins et refroidissement en bon état : les descentes de cols sollicitent beaucoup le véhicule.
- Bon duvet ou couette chaude : même en été, les nuits peuvent être fraîches en altitude.
- Réchaud fiable + casserole légère : votre meilleur allié pour le budget.
- Conduite en montagne :
- Rouler tranquillement, surtout dans les descentes (mieux vaut rester en seconde qu’user les freins).
- S’arrêter sur les zones prévues pour laisser passer les locaux et les motards pressés.
- Vérifier la météo avant de s’engager sur les routes d’altitude.
- Papiers et vignette :
- Sur autoroute, une vignette est obligatoire en Autriche (à acheter à la frontière ou dans certaines stations-service).
- Ne pas oublier carte verte, papiers du véhicule, assurance voyage.
Pour qui est fait cet autotour autrichien en van ?
Ce circuit est idéal si vous :
- aimez les paysages de montagne spectaculaires,
- avez envie de découvrir l’Autriche autrement que par Vienne,
- cherchez un road trip accessible (routes en bon état, distances raisonnables),
- voyagez à deux, en solo ou en petite famille, avec un van aménagé ou un fourgon compact.
En revanche, ce ne sera peut-être pas votre itinéraire de rêve si vous :
- n’aimez pas les routes qui tournent et les cols,
- rêvez surtout de grandes villes, de musées et de vie nocturne,
- détestez l’idée de ne pas tout planifier à l’avance (la météo en montagne demande parfois d’improviser).
Pour ma part, cet autotour autrichien en van reste l’un de mes plus beaux souvenirs de road trip en Europe. Chaque virage ouvrait sur une nouvelle carte postale, chaque nuit passée face à un lac ou à un sommet me rappelait pourquoi j’aime tant cette vie sur quatre roues. L’Autriche, sous ses airs sages et ordonnés, cache une nature brute et grandiose qui se découvre à son rythme, fenêtre ouverte et thermos de café à portée de main.
Alors, prêt(e) à tracer votre propre route entre lacs, montagnes et villages de carte postale en Autriche ?


